Subaru worldSBK

Subaru au WorldSBK : l’électrique a remplacé le Boxer, pas l’ADN de la marque

 Subaru WorldSBK

Que vient faire Subaru au beau milieu d’un week-end de World Superbike avec des SUV électriques ? À l’occasion de la manche française du WorldSBK, Subaru France nous a invités à découvrir son engagement dans le championnat… mais surtout à mettre ses nouvelles Solterra et Uncharted à l’épreuve du circuit. Une expérience qui pose une vraie question : une Subaru électrique est-elle encore vraiment une Subaru ? Après quelques tours de piste, la réponse paraît beaucoup moins compliquée qu’on pourrait l’imaginer.

Pendant longtemps, prononcer le nom Subaru suffisait à faire apparaître quelques images très précises dans la tête des passionnés.

Une Impreza WRX STI lancée à pleine vitesse sur une spéciale de rallye. Le grondement caractéristique d’un moteur Boxer. Une transmission intégrale. Mais également un Forester capable d’emmener toute la famille bien au-delà du bitume ou encore un Outback chargé jusqu’au toit pour partir en vacances.

Bref, Subaru possède une identité particulièrement forte.

Alors forcément, voir aujourd’hui le constructeur japonais mettre l’électrique au centre de son offensive européenne peut surprendre.

Pourtant, après avoir passé un week-end avec Subaru France et Subaru Europe à l’occasion de la manche française du WorldSBK, une chose apparaît assez clairement : Subaru a peut-être changé de motorisation, mais pas nécessairement de philosophie.

Et le circuit constitue probablement l’un des meilleurs endroits pour s’en rendre compte.

Subaru WorldSBK : un partenariat qui n’a rien d’un hasard

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Depuis 2025, Subaru Europe est partenaire officiel du MOTUL FIM Superbike World Championship dans le cadre d’un accord conclu pour trois saisons.

Le Subaru Solterra y occupe surtout une fonction particulièrement symbolique puisqu’il est devenu la première Safety Car entièrement électrique de l’histoire du championnat.

Sur le papier, l’association peut paraître étonnante.

D’un côté, certaines des motos de série les plus performantes de la planète, lancées sur circuit dans une compétition où chaque dixième compte.

De l’autre, un SUV familial électrique.

Mais lorsqu’on regarde l’histoire et surtout la philosophie de Subaru, le rapprochement devient finalement beaucoup plus évident.

La compétition fait partie de l’image de la marque depuis des décennies. Subaru reste indissociable de son histoire en rallye et de modèles devenus iconiques comme l’Impreza WRX STI.

Surtout, le constructeur a toujours construit une grande partie de son identité autour du comportement de ses voitures : motricité, stabilité, transmission intégrale, châssis et capacité à conserver de l’efficacité lorsque les conditions se compliquent.

C’est précisément ce que Subaru cherche aujourd’hui à transposer à l’ère électrique.

Le WorldSBK constitue donc une vitrine particulièrement intéressante : montrer qu’une Subaru peut abandonner son moteur thermique sans abandonner ce qui faisait d’elle une Subaru.

Une Toyota rebadgée ? Ce serait un peu trop simple

Il faut évidemment parler d’un sujet qui revient régulièrement lorsque l’on évoque la nouvelle gamme électrique Subaru : Toyota.

Subaru ne cache d’ailleurs absolument pas cette collaboration.

Le Solterra est issu d’un développement conjoint avec Toyota autour de l’e-Subaru Global Platform et partage naturellement de nombreux éléments avec le Toyota bZ4X.

L’Uncharted profite lui aussi des synergies entre les deux constructeurs et possède un proche cousin chez Toyota avec le C-HR+.

Il serait donc facile de résumer les nouvelles Subaru électriques à des Toyota portant six étoiles sur la calandre.

Après les avoir conduites, cette lecture nous semble cependant beaucoup trop réductrice.

Car une plateforme commune n’impose pas nécessairement deux voitures identiques dans leur comportement.

Subaru travaille notamment sur la gestion de sa transmission intégrale électrique, la répartition du couple entre les essieux, mais également sur les suspensions et la direction afin de conserver le comportement recherché par la marque.

L’Uncharted dispose par exemple d’une garde au sol de 210 mm et, dans sa version AWD, du système Dual X-MODE. Subaru annonce également des réglages spécifiques pour la direction et les suspensions.

C’est précisément là que la personnalité d’une voiture peut se construire.

Et c’est également là que notre passage sur circuit devient particulièrement intéressant.

Solterra et Uncharted sur circuit : aucune préparation particulière

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À l’occasion de cette manche française du WorldSBK, nous avons eu la possibilité de monter à bord des Subaru avec des instructeurs et de découvrir ce que ces voitures étaient capables de faire sur piste.

Et un détail a son importance.

Il ne s’agissait pas de voitures spécialement préparées pour le circuit.

Pas de pneus semi-slicks.

Pas de système de freinage compétition.

Pas de suspension transformée pour l’occasion.

Les voitures évoluaient dans une configuration comparable à celle que l’on peut retrouver sur route.

Évidemment, personne ne prétendra transformer un Solterra ou un Uncharted en WRX STI simplement parce qu’il vient de poser ses quatre roues sur un circuit.

Ce n’est ni leur vocation ni leur terrain de jeu principal.

Mais justement : c’est ce qui rend l’exercice intéressant.

Dès que le rythme augmente, le travail effectué sur le châssis devient beaucoup plus perceptible.

Les changements d’appui, les phases de freinage et surtout les remises en accélération mettent rapidement en évidence la motricité disponible.

La gestion des quatre roues motrices permet notamment de ressortir des courbes avec une efficacité assez impressionnante compte tenu du type de véhicule que l’on conduit.

Et malgré le poids inhérent à une voiture électrique, l’ensemble reste étonnamment propre dans ses mouvements.

La vitesse maximale bridée finit évidemment par rappeler que nous ne sommes pas dans une sportive conçue pour la piste.

Mais ce n’était finalement pas ce que nous étions venus chercher.

Nous voulions savoir si, lorsque l’on commence à solliciter sérieusement ces nouvelles Subaru électriques, on retrouve quelque chose de cette philosophie historique de la marque.

Et la réponse est oui.

L’ADN Subaru ne se résume pas au Boxer

C’est probablement le sujet le plus sensible pour les passionnés de la marque.

Une Subaru sans moteur Boxer peut-elle vraiment rester une Subaru ?

Pendant notre week-end, nous avons eu l’occasion d’échanger longuement avec les équipes de Subaru Europe sur cette transition.

Une phrase prononcée par David Dello Stritto, General Manager de Subaru Europe, résume assez bien la philosophie défendue par la marque :

« Si la voie royale, c’est l’électrification, alors nous prendrons l’électrification et nous nous offrirons la voie royale. »

Une phrase qui prend finalement beaucoup de sens lorsqu’on cesse de réduire Subaru à une architecture moteur.

Bien sûr que le Boxer fait partie de son histoire.

Bien sûr que la sonorité d’une Impreza restera associée à Subaru pendant encore très longtemps.

Mais que recherchait réellement Subaru avec ces solutions techniques ?

Un centre de gravité bas. De la stabilité. De la motricité. Un comportement prévisible. Une voiture capable de conserver son efficacité lorsque l’adhérence diminue.

L’électrification change les outils disponibles pour y parvenir.

Pas nécessairement l’objectif.

De l’Impreza au Forester : Subaru n’a jamais eu un seul visage

Réduire Subaru à la WRX STI serait d’ailleurs oublier une grande partie de son histoire.

Il existe évidemment la Subaru sportive.

Celle du rallye, de l’Impreza et de la WRX STI.

Mais il existe aussi une autre Subaru, probablement tout aussi importante.

Celle du Forester et de l’Outback.

Des voitures pensées pour transporter une famille, avaler les kilomètres, partir en vacances avec beaucoup trop de bagages et continuer à avancer lorsque le bitume disparaît ou que la météo se dégrade.

Bien avant que le marché ne soit saturé de SUV, Subaru proposait déjà cette philosophie de véhicule polyvalent capable de mélanger usage quotidien, voyage et capacités hors des routes traditionnelles.

Et finalement, c’est peut-être cette Subaru-là que l’électrification cherche aujourd’hui à réinventer.

L’Uncharted confirme notre coup de cœur

Nous avions déjà eu l’occasion de passer plusieurs jours au volant du nouvel Uncharted.

Et parmi les nouvelles Subaru électriques, c’est clairement celui qui nous avait le plus séduits.

Son format plus compact, son dessin beaucoup plus affirmé et son comportement dynamique correspondent particulièrement bien à ce que nous recherchons dans ce type de véhicule.

Notre expérience sur les routes normandes nous avait déjà permis de découvrir son comportement sur route, mais également de quitter le bitume pour vérifier qu’il n’avait pas seulement adopté un look de baroudeur.

Le passage sur circuit vient ajouter une nouvelle pièce au puzzle.

Là encore, l’Uncharted nous a particulièrement plu.

Il ne devient évidemment pas une sportive pure, mais son comportement dynamique et sa motricité donnent réellement envie d’exploiter davantage son potentiel.

Dans sa configuration AWD Dual Motor, Subaru annonce 252 kW, soit 338 ch, et un 0 à 100 km/h réalisé en 5 secondes.

Des performances déjà sérieuses.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout sa façon de les exploiter qui nous intéresse.

Et après la route, les chemins et désormais le circuit, il ne nous manque finalement plus qu’un terrain pour terminer l’expérience.

La neige.

Nous avons d’ailleurs déjà glissé l’idée aux équipes de Subaru Europe.

Après tout, quoi de plus logique pour juger une Subaru que d’aller chercher les conditions dans lesquelles sa transmission intégrale doit réellement faire la différence ?

Un week-end au cœur de l’univers Subaru

L’expérience proposée à Magny-Cours ne se limitait évidemment pas aux quelques tours de circuit.

Subaru disposait d’une véritable hospitalité au cœur de l’événement, permettant aux invités de suivre les différentes courses sur écran mais également de profiter du toit-terrasse avec une vue privilégiée sur le podium.

L’ensemble de la gamme était également présenté afin que les visiteurs puissent découvrir les véhicules et échanger directement avec les équipes.

Et c’est probablement l’un des intérêts majeurs de ce partenariat pour Subaru.

Le constructeur ne vient pas simplement coller son logo sur une compétition.

Le WorldSBK devient un point de rencontre entre la marque, ses voitures et un public naturellement sensible à la mécanique, à la performance et au pilotage.

Pour une marque qui doit aujourd’hui expliquer une transition technologique majeure, difficile d’imaginer terrain beaucoup plus pertinent.

Subaru peut encore compter sur ses passionnés

La reconstruction de Subaru sur le marché français possède également une autre particularité : la marque peut s’appuyer sur une partie de son réseau historique.

Lors de nos échanges avec Subaru Europe, un élément revenait régulièrement : beaucoup de distributeurs connaissent la marque depuis longtemps.

Et certains la vendent surtout parce qu’ils l’aiment.

Cela peut sembler anecdotique dans une industrie automobile extrêmement rationalisée.

Ça ne l’est probablement pas.

Une Subaru reste un produit assez particulier à expliquer.

Historiquement, on ne choisissait pas nécessairement un Forester ou un Outback après avoir simplement comparé la taille de son écran central avec celui du concurrent.

On achetait également une architecture, une transmission intégrale, un comportement et une philosophie.

À l’heure où Subaru doit expliquer pourquoi cette philosophie peut survivre au passage à l’électrique, disposer de distributeurs capables de raconter cette histoire constitue un véritable avantage.

Et les clients Subaru semblent prêts à suivre

Autre information intéressante issue de nos discussions durant le week-end : parmi les premiers clients des nouvelles Subaru électriques, on retrouve également des propriétaires historiques de la marque.

Et ce point est loin d’être anodin.

Parce qu’un propriétaire ayant connu plusieurs Subaru est probablement aussi celui qui pourrait se montrer le plus sceptique face à une Subaru électrique.

Plus de Boxer.

Plus de sonorité caractéristique.

Une plateforme développée en partenariat avec Toyota.

Sur le papier, beaucoup de choses ont changé.

Et pourtant, certains sautent le pas.

Peut-être simplement parce que l’attachement à Subaru ne reposait finalement pas uniquement sur le moteur.

Subaru a changé. Mais Subaru n’a peut-être jamais été aussi Subaru

Notre week-end au WorldSBK devait initialement être l’occasion de découvrir le partenariat entre Subaru et le championnat.

Il nous aura surtout permis de mieux comprendre la stratégie actuelle de la marque.

Oui, Subaru change.

Oui, Toyota occupe une place importante dans le développement de sa nouvelle génération électrique.

Oui, le moteur Boxer perd progressivement la place centrale qu’il occupait dans l’identité mécanique européenne du constructeur.

Mais le Boxer n’était finalement qu’un moyen.

La transmission intégrale, le travail du châssis, la stabilité, la sécurité, la capacité à quitter le bitume et cette volonté de construire des voitures capables d’être utilisées presque partout constituent peut-être une définition beaucoup plus juste de l’ADN Subaru.

Et c’est précisément ce que le constructeur tente aujourd’hui de préserver.

Le WorldSBK est donc loin d’être un partenariat aussi étrange qu’il pourrait le sembler.

Faire évoluer un SUV électrique au milieu d’un championnat dominé par le bruit, la vitesse et la compétition constitue même un message assez fort :

l’électrification ne signifie pas nécessairement la disparition du plaisir automobile.

Après avoir essayé l’Uncharted sur route et dans les chemins, puis avoir découvert son potentiel sur circuit aux côtés du Solterra, nous avons en tout cas encore davantage envie de voir jusqu’où Subaru peut pousser cette philosophie.

Et si Subaru Europe cherche quelques volontaires pour emmener l’Uncharted jouer dans la neige cet hiver…

Notre sac est déjà prêt.


Drivin’Léon remercie Subaru France et les équipes de Subaru Europe pour leur invitation et leur accueil à l’occasion de la manche française du WorldSBK. Subaru a pris en charge notre accès à l’événement. Comme toujours, cette invitation n’implique aucun droit de regard sur notre contenu ni sur les opinions exprimées dans cet article.

Subaru

www.subaru.fr

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