Essai CHERY TIGGO 8 PHEV : 7 places, 279 ch et 38 990 €, la concurrence peut-elle suivre ?


Chery Tiggo 8
À peine arrivé en France, CHERY attaque le marché avec une proposition particulièrement agressive. Le nouveau TIGGO 8 PHEV offre sept places, 279 ch, jusqu’à 90 km d’autonomie électrique et un équipement très complet pour 38 990 €. Nous avons parcouru une soixantaine de kilomètres à son volant lors de sa présentation française. Et derrière son tarif se cache un SUV familial bien plus intéressant qu’une simple alternative à bas prix.
Lors de cette première prise en main française, CHERY nous proposait de découvrir deux modèles : les TIGGO 7 et TIGGO 8.
De notre côté, le choix a été rapide.
Père de trois enfants, c’est naturellement vers le TIGGO 8 PHEV et ses sept places que je me suis dirigé. Parce qu’un SUV familial ne se juge pas uniquement à sa puissance, à la taille de ses écrans ou à son autonomie électrique.
Il faut pouvoir vivre avec.
Après environ 60 kilomètres parcourus sur différents types de routes, une chose apparaît assez clairement : CHERY n’a pas essayé de transformer son TIGGO 8 en SUV sportif ou en pseudo-premium.
La marque cherche plutôt à proposer un maximum de voiture pour un prix particulièrement contenu.
Et à 38 990 €, la proposition mérite sérieusement que l’on s’y intéresse.
Un grand SUV familial qui ne cache pas ses ambitions

Avec 4,725 m de longueur, 1,86 m de largeur et 1,705 m de hauteur, le TIGGO 8 appartient clairement à la catégorie des grands SUV familiaux.
Son empattement de 2,71 m permet surtout à CHERY d’intégrer une troisième rangée de sièges.
Et c’était l’un des premiers éléments que nous voulions vérifier.
Parce qu’entre un véhicule officiellement homologué pour sept personnes et un véhicule dans lequel sept personnes peuvent réellement prendre place, il existe parfois une sacrée différence.
Bonne surprise ici.
Les deux sièges escamotables du troisième rang ne ressemblent pas à de simples strapontins installés pour compléter une fiche technique. Les assises sont suffisamment épaisses et correctement dessinées pour donner le sentiment que cette troisième rangée a réellement été intégrée au cahier des charges.
Pour une famille, ce détail compte.
Un petit regret toutefois : l’accès à la troisième rangée se fait uniquement depuis le côté droit.
Le choix est cohérent en matière de sécurité, puisque les passagers peuvent monter ou descendre côté trottoir. Mais dans certaines situations quotidiennes, pouvoir accéder au dernier rang depuis les deux côtés aurait apporté davantage de flexibilité.
On commence néanmoins à chercher les petits détails.
En configuration cinq places, CHERY annonce un généreux volume de chargement de 889 litres, pouvant atteindre 1 930 litres lorsque les sièges arrière sont rabattus.

Un design plus statutaire que son prix ne le laisse imaginer
Le TIGGO 8 ne cherche clairement pas la discrétion.
Grande calandre à motif losange, capot haut, optiques LED, jantes de 19 pouces, barres de toit et proportions assez massives : visuellement, le SUV cherche à afficher une certaine présence.
Et sa face avant nous a immédiatement rappelé quelque chose.
En faisant abstraction du logo CHERY, on retrouve certains codes utilisés par les SUV premium allemands des années 2010, avec notamment cette calandre imposante et cette impression de véhicule assez cossu.
Certains pourront même y retrouver quelques réminiscences de générations précédentes d’Audi Q3 ou Q5.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que le TIGGO 8 est un Audi vendu moitié prix. Mais cette architecture visuelle lui permet de dégager une présence plutôt valorisante.
À l’arrière, CHERY adopte une approche plus contemporaine avec une signature lumineuse LED courant sur toute la largeur.
L’ensemble est plutôt réussi et, surtout, le TIGGO 8 ne donne pas extérieurement l’impression d’être un véhicule conçu autour d’un objectif unique de réduction des coûts.
À bord, CHERY soigne vraiment sa copie


Cette impression se confirme en ouvrant la portière.
Et c’est probablement l’un des aspects qui nous a le plus surpris.
Le TIGGO 8 est positionné comme un véhicule accessible, mais l’habitacle ne semble pas avoir été développé au rabais pour atteindre son prix.
Les matériaux sont agréables au toucher, plusieurs revêtements sont utilisés, les surpiqûres apportent une petite touche supplémentaire et les assemblages observés sur notre véhicule d’essai étaient correctement réalisés.
L’ensemble paraît soigné.
Accessible ne signifie donc pas nécessairement bas de gamme.
Face au conducteur, le combiné d’instrumentation numérique de 10,25 pouces est grand, lisible et affiche suffisamment d’informations sans devenir inutilement compliqué.
L’écran central de 15,6 pouces s’intègre correctement dans la planche de bord et un affichage tête haute vient compléter l’ensemble.
Ce dernier reste assez discret, ce qui est finalement exactement ce que l’on attend d’un HUD.
L’équipement constitue surtout l’une des grosses forces du TIGGO 8.
Apple CarPlay et Android Auto, recharge sans fil 50 W, caméra 540°, toit panoramique, hayon électrique, vitrage acoustique, volant chauffant, sièges avant chauffants et ventilés, fonction massage à l’avant, sièges chauffants au deuxième rang ou encore système audio Sony à 12 haut-parleurs sont notamment proposés.
CHERY annonce également 20 technologies d’aide à la conduite et neuf airbags.
Et lors de notre essai, les différentes aides nous ont paru plutôt correctement calibrées, sans devenir excessivement intrusives.
Tout cela prend une autre dimension lorsqu’on se rappelle que le TIGGO 8 est proposé en France dans une finition Unique affichée à 38 990 €.
279 ch : oui. Sportif : absolument pas.
Sous le capot, le TIGGO 8 reçoit la technologie hybride rechargeable CSH de CHERY.
Le système associe un quatre-cylindres 1.5 turbo essence de 143 ch et 215 Nm à une motorisation électrique développant jusqu’à 204 ch et 310 Nm.
L’ensemble revendique une puissance combinée de 279 ch (205 kW) et 365 Nm de couple.
La puissance est transmise aux roues avant par une transmission dédiée 1DHT.
279 ch dans un SUV familial peuvent laisser imaginer des performances assez sérieuses.
Mais il ne faut surtout pas se tromper sur la philosophie de la voiture.
Le TIGGO 8 est un SUV confortable avant d’être dynamique.
Et il ne faut que quelques kilomètres pour le comprendre.
Les suspensions adoptent un réglage relativement souple et le véhicule filtre correctement les irrégularités de la chaussée.
En contrepartie, lorsqu’on commence à augmenter le rythme, les mouvements de caisse deviennent naturellement plus présents.
Le TIGGO 8 prend davantage de roulis et ne donne absolument pas envie d’aller chercher ses limites.
Nous avons essayé.
Il nous a rapidement fait comprendre que ce n’était pas son truc.
Et finalement, est-ce vraiment un problème ?
Sur une automobile dont la mission principale est d’emmener confortablement jusqu’à sept personnes, probablement pas.
Le TIGGO 8 assume simplement son orientation familiale.
Position de conduite et direction : deux points à améliorer
Tout n’est évidemment pas parfait.
Et nous avons retrouvé deux sensations déjà rencontrées lors de notre prise en main de l’OMODA 7.
La première concerne la position de conduite.
Malgré les différents réglages disponibles, nous avons trouvé l’assise un peu trop haute et la position légèrement trop projetée vers l’avant.
Il s’agit évidemment en partie d’une question de morphologie et de préférence personnelle, mais nous aimerions pouvoir descendre davantage dans la voiture.
Deuxième point : la direction.
Elle est suffisamment précise pour l’utilisation à laquelle le TIGGO 8 est destiné, mais son ressenti reste assez artificiel.
On aimerait davantage de naturel et un peu plus d’informations remontant jusqu’au conducteur.
Encore une fois, rien de rédhibitoire pour un SUV familial.
Mais ce sont deux domaines sur lesquels CHERY dispose encore d’une marge de progression.
Environ 4 l/100 km : notre plus grosse surprise
C’est finalement du côté de la consommation que cette première prise en main nous a réservé l’une de ses meilleures surprises.
Nous avons récupéré notre TIGGO 8 avec environ 50 % de batterie.
Plutôt que de chercher à optimiser artificiellement la consommation, nous avons simplement laissé le véhicule gérer lui-même son système hybride.
Après environ 60 kilomètres, notre consommation cumulée se situait à peine autour des 4 l/100 km.
Précisons immédiatement qu’il ne s’agit absolument pas d’un protocole de mesure normalisé.
Le parcours était relativement court, les conditions étaient spécifiques à cette journée d’essai et la batterie n’était pas vide au départ.
Il faudra donc attendre un essai longue durée pour obtenir une mesure réellement représentative.
Mais pour une première prise en main, le résultat nous a franchement surpris.
CHERY annonce une batterie LFP de 18,4 kWh, permettant d’atteindre jusqu’à 90 km d’autonomie électrique en cycle WLTP.
Le constructeur communique une consommation WLTP de 2,5 l/100 km en cycle combiné, ainsi que 6 l/100 km lorsque le système fonctionne en maintien de charge.
Une gestion hybride particulièrement intéressante
Le fonctionnement du système est également plus sophistiqué qu’une simple alternance entre moteur électrique et moteur thermique.
Trois stratégies de gestion de la batterie sont proposées.
Le mode Initial permet de privilégier l’utilisation de l’énergie stockée dans la batterie et peut laisser son niveau descendre jusqu’à environ 15 %.
Le mode Smart cherche quant à lui à maintenir intelligemment environ 25 % de charge, afin de conserver un équilibre entre performances et consommation lorsqu’aucune recharge n’est prévue.
Enfin, un mode forcé permet au conducteur de demander le maintien d’un niveau de batterie compris entre 30 et 80 %.
Une fois la réserve électrique diminuée, le véhicule continue donc de fonctionner comme un hybride classique.
Sur notre parcours, nous avons justement laissé l’électronique prendre les décisions.
Et cette capacité à rendre le fonctionnement hybride presque transparent constitue probablement l’une des qualités les plus intéressantes de cette technologie.
Un PHEV capable de recharger en courant continu
Autre bonne idée : CHERY n’a pas limité son hybride rechargeable à la recharge AC.
La batterie accepte jusqu’à 40 kW en courant continu.
Ce n’est évidemment pas une puissance digne d’une voiture 100 % électrique moderne, mais le constructeur annonce un passage de 30 à 80 % en environ 20 minutes.
Sur une borne AC, le chargeur embarqué accepte jusqu’à 6,6 kW.
Le TIGGO 8 dispose également d’une fonction V2L de 3,3 kW, permettant d’alimenter différents équipements électriques depuis la batterie de la voiture.
La philosophie du système devient alors assez évidente : rouler autant que possible en électrique au quotidien et conserver la liberté du moteur thermique pour les longs déplacements.
La fiche technique française annonce jusqu’à 1 050 km d’autonomie combinée.
Et maintenant, parlons des 38 990 €
Parce que toutes ces caractéristiques seraient finalement assez classiques sur un grand SUV familial moderne si CHERY ne lui avait pas associé un tarif particulièrement agressif.
38 990 €.
C’est probablement le chiffre le plus important de cet essai.
Le TIGGO 8 PHEV est proposé en France dans une finition Unique déjà très richement équipée.
Lors de sa présentation française, CHERY n’a d’ailleurs pas caché ses ambitions et positionne directement son nouveau SUV face à des modèles comme les Peugeot 5008, Renault Espace, Kia Sorento, Hyundai Santa Fe ou MG S9.
Selon les tarifs présentés par CHERY lors de cette conférence presse, l’écart peut rapidement atteindre plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros selon les modèles et finitions retenus.
Attention toutefois à ne pas réduire la comparaison à une simple colonne de prix.
L’image d’une marque, la densité du réseau, la valeur résiduelle, le comportement routier, les prestations mécaniques ou encore le recul dont on dispose sur la fiabilité sont autant de paramètres qui entrent dans l’achat d’une automobile.
CHERY doit encore faire ses preuves en France.
Mais lorsqu’un véhicule sept places de 279 ch, hybride rechargeable et extrêmement équipé s’affiche sous la barre des 39 000 €, la différence de prix devient suffisamment importante pour que la question mérite d’être posée.
Le véritable concurrent du TIGGO 8 pourrait être l’occasion
Et c’est peut-être ici que le positionnement de CHERY devient le plus intéressant.
Pendant longtemps, une famille disposant d’environ 40 000 € et recherchant un grand SUV très équipé pouvait rapidement être contrainte de regarder le marché de l’occasion.
Un véhicule premium ou généraliste de quelques années permettait alors d’obtenir les équipements, l’espace ou la motorisation impossibles à atteindre en neuf avec ce budget.
Le TIGGO 8 vient bousculer cette logique.
Pour 38 990 €, il est désormais possible d’avoir un SUV neuf, hybride rechargeable, garanti, très équipé et capable d’accueillir sept personnes.
Alors faut-il encore préférer un SUV familial d’occasion de trois ou quatre ans ?
Il n’existe évidemment pas de réponse universelle.
Mais le simple fait que la question puisse désormais sérieusement se poser montre à quel point le marché automobile est en train d’évoluer.
Garantie 7 ans et stock de pièces en France : CHERY sait ce qui inquiète
Reste une question essentielle lorsqu’une nouvelle marque arrive sur notre marché : et après l’achat ?
CHERY semble parfaitement conscient du problème.
Au 1er septembre 2026, le constructeur annonçait 56 points de vente répartis dans 44 départements, avec un objectif de 90 points de vente avant la fin de l’année 2026.
La marque dispose également d’un centre de stockage de pièces détachées à Meung-sur-Loire, destiné à approvisionner son réseau français.
Le TIGGO 8 bénéficie d’une garantie constructeur de 7 ans ou 150 000 km, selon la première échéance atteinte.
Et ce point mérite d’être précisé : lors de notre échange avec les équipes de la marque, confirmation nous a été donnée qu’il s’agit bien de la garantie constructeur et non d’une extension souscrite séparément.
Les composants électriques sont annoncés couverts pendant 8 ans ou 160 000 km.
Une assistance routière 24 h/24 et 7 j/7, proposée en partenariat avec Allianz, complète le dispositif annoncé par CHERY.
Cela ne donne évidemment pas encore le recul de plusieurs décennies dont disposent certains constructeurs installés.
Mais CHERY semble avoir identifié dès son arrivée les principales inquiétudes que pourrait avoir un acheteur français.
Notre premier avis sur le CHERY TIGGO 8 PHEV
Après seulement une soixantaine de kilomètres, il serait prématuré de rendre un verdict définitif sur le TIGGO 8.
Un véritable essai longue durée sera nécessaire pour juger précisément sa consommation, son confort sur autoroute, son autonomie réelle, son système multimédia au quotidien ou encore son comportement avec sept personnes et des bagages à bord.
Mais cette première rencontre est déjà riche d’enseignements.
Le TIGGO 8 n’est pas parfait.
Sa position de conduite ne nous convainc pas totalement.
Sa direction pourrait offrir davantage de naturel.
Et son châssis très orienté confort rappellera rapidement à l’ordre celui qui voudrait transformer les 279 ch disponibles en argument sportif.
Mais à côté de cela, nous découvrons un véhicule spacieux, confortable, correctement assemblé, particulièrement bien équipé et doté d’une technologie hybride rechargeable qui nous a laissé une très bonne première impression.
Surtout, il offre sept véritables places pour 38 990 €.
Et c’est là que CHERY devient intéressant.
La marque n’a pas forcément besoin de démontrer que son TIGGO 8 est meilleur qu’un Peugeot 5008, un Renault Espace, un Hyundai Santa Fe ou un Kia Sorento dans absolument tous les domaines.
Elle doit simplement réussir à faire réfléchir l’acheteur au moment de signer son bon de commande.
Parce qu’après avoir découvert tout ce que propose ce TIGGO 8 pour moins de 39 000 €, une question finit inévitablement par arriver :
combien sommes-nous encore prêts à payer en plus pour obtenir l’équivalent ailleurs ?
Et pour un constructeur qui vient tout juste d’arriver en France, réussir à poser cette question est probablement déjà une petite victoire.
https://www.drivinleon.com/2026/09/11/omoda-7-phev-essai-impressions/



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