Mazda 787B retromobile


Quand le rotatif fait battre le cœur de l’histoire automobile
À l’occasion du salon Rétromobile, nous avons eu la chance d’assister à un événement chargé d’émotion : la célébration des 35 ans de la victoire historique de la 787B aux 24 Heures du Mans.
Un anniversaire pas comme les autres, puisqu’il marque non seulement la première victoire d’un constructeur japonais au Mans, mais aussi l’un des exploits mécaniques les plus marquants de l’histoire de l’endurance.
La 787B : une victoire entrée dans la légende
Exposée fièrement sur le stand Mazda, la 787B continue d’impressionner, plus de trois décennies après son sacre. Propulsée par son mythique moteur rotatif quadrirotor de 2,6 L, développant plus de 700 ch, la 787B a marqué les esprits par son architecture unique… et par son hurlement inimitable.
Lors de cet événement, un redémarrage virtuel de la 787B a été proposé. Un instant saisissant, presque irréel, tant ce son est resté gravé dans la mémoire collective. Un bruit que certains habitants du Mans, présents à l’époque, décrivent encore aujourd’hui comme le plus audible à des kilomètres, notamment dans la ligne droite des Hunaudières.
Partie 12ᵉ sur la grille, la 787B avait pourtant défié tous les pronostics pour s’imposer au terme de 24 heures d’effort, de stratégie et de fiabilité. Un exploit d’autant plus marquant que cette victoire restera la seule d’un moteur rotatif au Mans, et la Première victoire japonaise avant Toyota en 2018.
Une anecdote clé : quand l’équipe prépare Le Mans depuis la France
Parmi les échanges marquants de cet événement, une anecdote partagée par Hugues, président ORECA, a particulièrement retenu notre attention. Elle éclaire d’un jour nouveau la manière dont l’équipe a abordé son engagement au Mans.
Lors du développement de la 787B, un rapprochement avec Oreca a été effectué afin de bénéficier d’une expertise locale et de mieux comprendre les spécificités des 24 Heures du Mans. Plutôt que de travailler exclusivement depuis le Japon, la décision a été prise d’installer une partie du QG de développement en France, et plus précisément sur le circuit Paul Ricard, au Castellet.
Ce choix stratégique a permis aux équipes Mazdaspeed de disposer d’infrastructures adaptées, d’enchaîner les essais intensifs et d’accélérer le développement de la voiture dans les mois précédant la course. Être présents sur place, au plus près des acteurs européens de l’endurance, a joué un rôle clé dans la mise au point finale de la 787B.
Une approche méthodique et visionnaire, qui illustre parfaitement le sérieux et l’engagement de Mazda dans ce programme. Quelques mois plus tard, cette préparation rigoureuse portera ses fruits sur le circuit de la Sarthe, avec l’issue que l’on connaît.
Un stand placé sous le signe du moteur rotatif



Au-delà de la 787B, Mazda avait réuni plusieurs modèles emblématiques à moteur rotatif, véritables piliers de son ADN :
- Mazda RX‑7 (génération FC), icône sportive qui a marqué toute une génération
- Mazda Cosmo Sport, pionnière du moteur rotatif dès les années 60
- Mazda Luce R130, berline aussi rare qu’audacieuse, elle aussi animée par un rotatif
Une exposition cohérente et passionnée, rappelant à quel point le moteur rotatif fait partie intégrante de l’histoire Mazda.
RX‑7, RX‑8 : l’héritage et les regrets européens
Pour beaucoup, le moteur rotatif est indissociable de la RX‑7, devenue culte au fil des décennies, notamment grâce à la compétition, au drift et à la culture populaire. Une légende qui n’a malheureusement jamais été officiellement commercialisée en France, malgré une homologation dans d’autres pays européens.
Mazda a tenté de faire perdurer cet héritage avec la RX‑8, mais les attentes étaient immenses. Trop peut‑être. Comparée en permanence à la RX‑7, la RX‑8 n’a jamais réellement trouvé son public, malgré ses qualités techniques et son architecture unique.
Un chapitre qui laisse encore aujourd’hui un goût d’inachevé.
Le retour du rotatif ? Un espoir toujours vivant
Pourtant, Mazda n’a jamais totalement tourné la page. Récemment, au Salon de Tokyo, la marque a présenté un concept associant moteur rotatif et hybridation, laissant entrevoir un possible retour de cette technologie iconique.
L’espoir demeure de voir, un jour, ce type de motorisation revenir en Europe, sous une forme modernisée, plus vertueuse, mais toujours fidèle à l’ADN Mazda.
Aujourd’hui : entre modernité et passion
Si cette plongée dans le passé nous a profondément marqués, Mazda continue d’avancer. Nous avons récemment pris le volant de modèles comme le Mazda CX‑80 hybride rechargeable ou encore la Mazda 6e, et force est de constater que la marque reste fidèle à sa philosophie : proposer des véhicules à la fois cohérents, agréables et différenciants.
Présents également au Salon de Bruxelles, nous avons pu découvrir le futur SUV 100 % électrique Mazda, un modèle très prometteur qui confirme la volonté de la marque d’aborder l’électrification sans renier son identité.
Une émotion intacte, 35 ans plus tard
Entendre — même virtuellement — la Mazda 787B, l’admirer de près, échanger autour de son histoire et de ses anecdotes, c’est se rappeler pourquoi l’automobile est avant tout une affaire de passion.
À Rétromobile, Mazda n’a pas seulement exposé des voitures : la marque a partagé une page majeure de l’histoire du sport automobile. Une histoire qui continue de faire vibrer, 35 ans après, et qui nous rappelle que certaines légendes ne s’éteignent jamais.
https://www.drivinleon.com/2026/01/18/mazda-cx-80-essai-suv-familial/
Au fil des décennies, le constructeur a su évoluer tout en préservant son identité unique, ce qui fait la force de sa réputation.

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